Baie-Saint-Paul

Inspiration d'antan

Inspiration d'antan

Une ville qui en a inspiré plus d'un

Baie-St-Paul est une ville possédant un riche passé. De belles histoires y circulent depuis belle lurette et plusieurs lieux en témoignent. Partout dans la ville, on retrouve des segments du passé. L'art et la culture font indéniablement la personnalité de la ville et en ont fait une renommée à travers les années.

Ville d’art, capitale culturelle du Canada

Ville d’art, capitale culturelle du Canada

En manque d’inspiration? Direction Baie-Saint-Paul. Saviez-vous que la ville avait été nommée Capitale culturelle du Canada en 2007? Pas surprenant quand on s’arrête à regarder un brin derrière. Ils ont été nombreux les artistes à venir s’inspirer des couleurs, de la montagne, de la mer, des grands espaces et de cette luminosité surréaliste. Tellement nombreux qu’on aura besoin des doigts des deux mains – et même des orteils – pour les compter…et encore. Des noms? Les grands Clarence Gagnon, A.Y. Jackson, Brymner, Cullen, Goldhamer, Jean Paul Lemieux et Marc-Aurèle Fortin ont fait de Baie-Saint-Paul leur port d’attache périodique. Plus près de nous, on s’en voudrait de ne pas mentionner l’apport des artistes populaires comme Yvonne Bolduc, Georges-Édouard Tremblay et Mary Bouchard.

Certaines maisons où vécurent de grands peintres sont devenues de véritables petits musées ouverts au grand public. C’est le cas de la résidence d’un formidable coureur des bois qui a marqué plus d’une génération de peintres de la région. On dit d’ailleurs que le peintre contemporain Guy Paquet – reconnu pour ses grands ciels de Charlevoix – aurait passé des heures à refaire le monde sur le balcon du maitre.

Pour toutes ces raisons, Baie-Saint-Paul est une ville d’art incontournable. On n’a qu’à voir la forte concentration de galeries d’art de la rue Saint-Jean Baptiste (plus de 25), la générosité des expositions du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, la mise en beauté du patrimoine culturel régional au carrefour culturel Paul-Médéric, le succès de chacune des éditions du Symposium international d’art contemporain (34e édition en 2016) et celui du festival en peinture Rêves d’Automne qui fête cette année ses 25 ans.

Pour un aperçu rapide de l’histoire de Charlevoix, allez faire un tour aux abords de la rivière du Gouffre (derrière la Caisse populaire Desjardins) où, en contrebas du pont Leclerc, une immense fresque raconte en images et au fil des saisons le patrimoine agricole, culturel, récréatif et religieux de Charlevoix. La fresque intitulée D’hier à aujourd’hui est l’œuvre de trois artistes talentueux de Baie-Saint-Paul, Jean-François Lavoie, Jocelyn et Serge Gilbert.

Ville d’art, capitale culturelle du Canada
Ville d’art, capitale culturelle du Canada
Ville d’art, capitale culturelle du Canada
L’énergie d’un cratère météoritique

L’énergie d’un cratère météoritique

Peu d’habitants du Québec peuvent se vanter de dormir au creux d’un cratère. Il faut venir dans Charlevoix pour voir comment ça dort bien. On dit souvent que l’énergie particulière qui règne à Baie-Saint-Paul ne serait pas étrangère à la chute d’une météorite il y a plus de 350 millions d’années. Chose certaine, on doit à l’impact de sa chute l’étrangeté du relief du territoire constitué d’une grande vallée entourée de montagnes abruptes qui se jettent dans les eaux du majestueux Saint-Laurent. N'eût été de ce phénomène cosmique, l'ensemble du territoire présenterait un visage beaucoup plus austère et inhospitalier, peu propice à l'occupation humaine.

Avec ses 56 km de diamètre, le cratère météoritique – aussi appelé l’astroblème de Charlevoix – est l’un des quinze plus grands au monde. Les experts avancent que la météorite à l'origine de sa formation était probablement un astéroïde d’un diamètre estimé à 2 km, pesait 15 milliards de tonnes et arrivait à une vitesse cosmique de 10 à 20 km/seconde (environ 60 000 km à l'heure). Une entaille de taille dans notre fameux massif des Laurentides!

Les effets peuvent se voir à l’œil nu si on est un tant soit peu attentif ou si on s’offre la visite en compagnie d’un guide naturaliste. La meilleure façon de l’observer est certainement de s’offrir un vol en hélicoptère au-dessus du cratère habité ou de gravir le mont du Lac des Cygnes, dans le parc national des Grands Jardins. D’une façon ou d’une autre, c’est totalement wow!

À mi-chemin entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie, le mont des Éboulements culmine à 768 mètres d'altitude et représente le point central de l’impact. La meilleure façon d’expliquer sa forme toute particulière? Jetez une roche dans un verre d’eau et voyez le tsunami - pour ne pas dire la tempête dans un verre d’eau - créé tout autour. L’effet de rebondissement a fait naître des montagnes qui ont l’air de faire la vague. Quand on pense que la beauté des paysages de Charlevoix est née d’une telle catastrophe, on se dit que la vie est bien faite, pour le meilleur et pour le pire!

Crédit : Randonnées Nature-Charlevoix

L’énergie d’un cratère météoritique
L’énergie d’un cratère météoritique
L’énergie d’un cratère météoritique
Cours d’histoire à ciel ouvert

Cours d’histoire à ciel ouvert

À Baie-Saint-Paul, on aime ça les circuits. Après le Circuit du patrimoine, voilà que le Circuit des plaques commémoratives vous fait de l’œil partout en ville. À ciel ouvert, des plaques et des monuments, en veux-tu en v’là! Par-ci un buste de Claude Le Sauteur, par là une sculpture monument de l’artiste Gérard Thériault. Autour du presbytère, devant l’église, au parc de la marina, à l’incontournable halte routière du Cap-aux-Corbeaux et même sous les ponts – où on ne ratera pas la fresque « Hier et aujourd’hui » - , Baie-Saint-Paul y va d’un coup de chapeau pour tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont trouvé ici l’inspiration et pour qui la belle Baie fut un lieu d’ancrage ou de passage.

Qu’on rende hommage au passé maritime de la région, à la vision de nos pionniers, au talent d’artisans; qu’on souligne la conquête anglaise ou l’héritage artistique de Blanche et Yvonne Bolduc, Marc-Aurèle Fortin, Clarence Gagnon ou René Richard, toutes les raisons sont bonnes pour ériger un monument, créer un obélisque, fabriquer un buste, fondre une plaque. Qu’on se le dise : de la mémoire, Baie-Saint-Paul en a beaucoup! Quelquefois énormément! Comme nous le rappelle « Oeillée vers le large », une œuvre monumentale signée Gérard Thériault représentant un amérindien regardant au loin. La sculpture de grande dimension – qu’on peut voir devant la Bibliothèque René-Richard – est constituée de fil de métal façonné en volume de manière à former le personnage. Sur la plaque, un poème de l’artiste. Un mot : splendide!

Parcourir le Circuit des plaques commémoratives est une belle façon de partir à la découverte de Baie-Saint-Paul, de la promenade du quai à la rue Sainte-Anne en passant par le Chemin de la Pointe, la Halte de la Batture, la Place de l’église et la Place du Citoyen. On se procure la carte du Circuit en passant au bureau d’information touristique. Parions qu’il y a une plaque pas très loin!

Cours d’histoire à ciel ouvert
Cours d’histoire à ciel ouvert
Cours d’histoire à ciel ouvert
Trip d’architecture sur le circuit du patrimoine

Trip d’architecture sur le circuit du patrimoine

S’offrir le circuit du patrimoine, à pied, à vélo ou en auto, voilà une belle façon de voyager dans le temps à travers un circuit sur lequel les jolies maisons centenaires du centre-ville de Baie-Saint-Paul se comptent par dizaine. Quelques rues se démarquent plus particulièrement avec des maisons à l’architecture bien typée, témoin d’une colonisation remontant à 1678. Attachez bien vos souliers!

Avec ses maisons centenaires à toit mansardé, la rue Saint-Joseph constitue le premier foyer de peuplement de Baie-Saint-Paul. Cette jolie rue longe la rivière du Gouffre sur presque toute sa longueur. Voilà certainement pourquoi on l’appela longtemps le chemin de l’Anse. Une promenade sur cette rue pittoresque de Baie-Saint-Paul vaut à elle seule le détour.

Il s’en est passé des choses au 119 de la rue Saint-Jean-Baptiste. Construite en 1870, la maison abrita d’abord le petit commerce d’Hercule Fortin avant de devenir un magasin général, une galerie d’art et un atelier d’ébénisterie. Au 170 de la même rue, la maison natale de Monseigneur Léonce Boivin expose fièrement son toit à double versant avec lucarnes ainsi que ses fabuleuses fenêtres à six carreaux, typiques de la fin des années 1800. On filera ensuite admirer le Moulin Gariépy, un splendide bâtiment de pierres datant de 1756. Sur le parcours qui va aussi de la rue Sainte-Anne à la petite rue Saint-Adolphe – vous allez craquer – en passant par l’élégante rue Ambroise-Fafard, on retrouve des constructions de tous genres comme celles d’inspiration coloniale américaine, d’autres à l’esprit victorien, des maisons quadrangulaires, des cottages Regency, des néoclassiques rurales et d’autres d’inspiration anglo-normande.

Devant chacune des 11 maisons du circuit (centre-ville) et des six autres à proximité, des panneaux d’interprétation permettent d’en apprendre davantage sur la construction et les propriétaires de ces fabuleuses résidences. Ah! Comme elles sont belles nos centenaires! Pour ne rien manquer, on se procure la carte du circuit au bureau d’information touristique.

Trip d’architecture sur le circuit du patrimoine
Trip d’architecture sur le circuit du patrimoine
Trip d’architecture sur le circuit du patrimoine
© Cirque du Soleil
La naissance du Cirque du soleil, c’est ici!

La naissance du Cirque du soleil, c’est ici!

Au début des années 80, Guy Laliberté et Gilles Sainte-Croix fréquentent assidument l’auberge de jeunesse de Baie-Saint-Paul, le mythique Balcon Vert. C’est là que les deux saltimbanques – l’un crache du feu, l’autre marche sur échasses – imaginent un cirque sans animaux et sans frontières. L’imagination du Club des Talons hauts n’avait visiblement aucune limite.

À l’époque, les deux illuminés sont derrière la création de plusieurs éditions estivales de la Fête Foraine, véritable odyssée festive dans les rues de Baie-Saint-Paul. Un parfum Peace & Love flotte dans l’air, ça sent le patchouli, les pantalons pattes d’éléphant sont à la mode et les filles portent rarement le soutien-gorge. Un restaurant mythique de la rue Sainte-Anne devient vite le quartier général de tout ce beau monde.

On connaît la suite. Le Cirque du Soleil est aujourd’hui l’un des meilleurs ambassadeurs du talent québécois partout dans le monde. En 2009, la ville de Baie-Saint-Paul a tenu à souligner le 25e anniversaire du Cirque en organisant L’Éveil du Géant, une immense fête aux allures foraines à laquelle furent conviés Gilles Sainte-Croix, Guy Laliberté et Daniel Gauthier, trois personnalités devenues quasi iconiques de la région, le dernier étant le grand manitou derrière Le Massif de Charlevoix.

Tout au long de l’année, on a ainsi pu voir l’exposition Artisans du Rêve- Costumes du Cirque du Soleil présentée au Musée d’art contemporain; une expo photo tirée des meilleurs clichés des Échassiers de la Baie du photographe François Rivard, témoin privilégié des premiers balbutiements du Cirque à Baie-Saint-Paul. De plus, l’année 2009 a marqué la création d’une sculpture monumentale, Le Phare, créée par l’artiste de réputation internationale René Derouin en hommage au Cirque du Soleil. On peut encore aujourd’hui la contempler en passant près de la gare de l’hôtel Germain Charlevoix.

On ne manquera pas d’aller se promener du côté de la Place du Citoyen où l’artiste Danielle April signe une œuvre gigantesque. L'équilibre précaire montre deux échasses se dressant en équilibre sur un immense anneau de métal déposé sur un socle de granit en forme de soleil où se retrouve la citation de David Suzuki: « Le pouvoir que détient chacun d'entre nous sur l'avenir de la terre. » Inspirant n’est-ce pas?

© Cirque du Soleil
La naissance du Cirque du soleil, c’est ici!
© Cirque du Soleil
La naissance du Cirque du soleil, c’est ici!
© Cirque du Soleil
La naissance du Cirque du soleil, c’est ici!
L’héritage des Petites Franciscaines de Marie

L’héritage des Petites Franciscaines de Marie

Vous arrivez de nuit à Baie-Saint-Paul? Impossible de rater les trois clochers du couvent des Petites Franciscaines de Marie, véritables icones dans le panorama de la ville.

Venues des Etats-Unis en 1891 à la demande du curé Ambroise-Martial Fafard, les religieuses se retroussent vite les manches : on les verra bientôt opérer une ferme qui assurera durant de nombreuses décennies la subsistance des pensionnaires de l’Hospice Sainte-Anne et de leur communauté, soit près de 1 500 personnes au plus fort de la production. Elles exploiteront à la fois un troupeau de vaches, une laiterie, une porcherie, un poulailler, un rucher et même une centrale électrique. Avant-gardistes vous dites?

Au milieu des années 60, le Québec change et les structures sociales se transforment. Les institutions se vident et dans la foulée, le nombre de bénéficiaires de l’Hôpital Sainte-Anne diminue considérablement. Les besoins se font de moins en moins grands et la ferme est vendue à Louis-Philippe Filion le 30 mars 1972. Saviez-vous que cette ferme – avec ses 62 500 pieds carrés de planchers - fut longtemps considérée comme la plus grande ferme de bois au Canada? Visionnaires vous dites? Faire un saut à l’Espace Muséal amène beaucoup de lumière sur l’impact qu’a eu la congrégation sur la communauté.

Pour prendre l’air, on prend la direction de l’Allée des Franciscaines qui traverse la voie ferrée et mène au Boisé du Quai: une promenade bucolique vers le fleuve à faire en famille ou en amoureux. À proximité, on ne rate pas le Jardin de François, un jardin à la mémoire de Saint-François d’Assise, patron de la congrégation et amoureux des plantes et de la nature.

Envie de voir ce qu’avait l’air cette ferme dont tout le monde parle? Du côté de la gare, une maquette est exposée en permanence. Réalisé par les travailleurs du Centre de jour de Notre-Dame-des-Monts, le chef d’œuvre a nécessité plus de 10 000 heures de travail. Comme quoi elles sont inspirantes ces Petites Franciscaines! On est content d’apprendre que la ville de Baie-Saint-Paul vient de se porter acquéreur du couvent pour écrire une nouvelle page d’histoire.

L’héritage des Petites Franciscaines de Marie
L’héritage des Petites Franciscaines de Marie
L’héritage des Petites Franciscaines de Marie
Le début de la colonisation

Le début de la colonisation

L’histoire de Baie-Saint-Paul remonte à 1678. Premières familles souche du coin, les Simard et les Tremblay se comptent ici par centaines. Encore aujourd’hui, elles constituent près du tiers de la population locale. Pas surprenant que l’Association des Tremblay du Canada ait érigé un monument à leur mémoire juste à côté du carrefour Culturel Paul-Médéric.

La plupart des terres appartiennent alors à la Compagnie des Cent puis à Mgr de Laval, évêque de Québec. C’est à Noël Simard dit « le Lombrette » qu’on confie les premiers défrichements en vue de la construction d’une ferme et de deux moulins; un pour le blé, un autre pour le bois. En 1679, Pierre Tremblay amorce la construction des moulins et exploite une première terre dans le secteur de l’actuel centre éducatif Saint-Aubin. L’un de ses fils – aussi appelé Pierre - deviendra d’ailleurs dès 1710 « seigneur des Éboulements ».

En 1759, coup de théâtre : une importante flotte de l’armée anglaise remonte le fleuve et s’amène à la conquête des terres, obligeant les habitants de l’Isle-aux-Coudres et de Petite-Rivière-Saint-François à se retrancher vers Baie-Saint-Paul. Le 4 août, les Anglais débarquent « en ville » et sont accueillis par un important contingent de miliciens composés d’une centaine d’Abénakis, le sieur de Montcalm en tête. Ceci n’est pas pour dénigrer cela mais on dit que le cri des corbeaux – apparenté au cri de guerre des Amérindiens – aurait fait prendre aux Anglais la poudre d’escampette.

Pour prendre le pouls et imaginer un peu ce que les Anglais ont vu et entendu en ce jour de l’été 1759, rendez-vous sur « le Cap aux Corbeaux » et faites une halte au belvédère de Baie-Saint-Paul (route 362 direction Éboulements). Ce que vous verrez là est rien de moins que spectaculaire. Selfie garanti!

Le début de la colonisation
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